samedi 22 février / 18h30

Conférence de Marion Zilio

Conférence de Marion Zilio

La cuisine invite pour une conférence Marion Zilio pour nous pencher sur les enjeux de l’état larvaire. Lorsque ce terme apparait en zoologie à l’orée de la modernité c’est pour définir l’indéfini, pour ouvrir à une possible tératologie de l’informe comme état d’ébauche de la vie.

"Homo Larva, ce que les larves disent de nous" Une conférence de Marion Zilio

Marion Zilio est théoricienne, critique d’art et commissaire d’exposition indépendante.
Docteure en Esthétique, Sciences et Technologies des Arts de l’Université de Paris 8 Vincennes-Saint-Denis, elle a écrit Faceworld. Le visage au 21e siècle (PUF, 2018) et Le livre des larves, à paraître. Elle a été enseignante à l’Université de Paris 8 dans l’UFR Art, Philosophie et Esthétique et professeure invitée à l’École de Cinéma de Téhéran. En tant que critique d’art, elle collabore régulièrement avec des revues spécialisées et a cofondé plusieurs espaces de critiques expérimentales. Comme curatrice, elle a organisé des expositions en France et à l’étranger pour des galeries, des centres d’art, des fondations ou des institutions.

Présentation de la conférence :

"Homo Larva, ce que les larves disent de nous"

À ce stade, nous ne mesurons pas, ou peu, le tribut que nous devons aux larves. Elles sont les figures d’une altérité radicale, le point le plus abject et le plus éloigné de l’humain. Pourtant, c’est par elles que nous avons pris visage. Les larves représentent un stade pré-individuel, celui d’une vie « mafquée fous fa première forme » qui inspirent la léthargie et hantent les vivants. Elles nous dévorent et nous ramènent à la terre, à l’humus. Elles font de l’humain une matière qui circule dans d’autres êtres et révèlent l’évidence d’une porosité des mondes humains, animaux, végétaux, microbiens et abiotique. Elles instaurent le règne des transitions et des coévolutions plutôt que des totalités closes et achevées. Les larves comme les parasites sont les petits, les méprisés, les invisibles, la masse des travailleurs de l’ombre ; les croquemorts qui accélèrent la course à l’armement entre les espèces et donnent à l’évolution une intersubjectivité insoupçonnée. Elles sont une contre-valeur vitale, morale et spirituelle qui nous fait accepter que le monde n’est pas d’abord ce qui est compris par l’humain mais ce qui le comprend, lui.
Cette communication déploiera l’imaginaire et les représentations scientifiques et artistiques de la larve, des premières sépultures aux discours du chthulucène.

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